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Furious about looks

Un duo de designers parisiens crée des œuvres d’art à base de hamburgers

13 h 00 : la pause déjeuner vient de commencer et on note une certaine effervescence au studio « Furious » de Quentin et Thomas, deux designers parisiens qui ne tiennent pas en place. Les garçons sont en train de concevoir la recette du burger du jour, prêts à le prendre une photo dans les règles de l’art pour ensuite, enfin, le manger.

 

« Nous en avions marre de manger toujours les mêmes sandwiches insipides du boulanger du coin ». Et comment le leur reprocher : quand vous êtes jeune et affamé de nouveauté, comment voulez-vous vous contenter d’une offre qui se limite au jambon-beurre ou au thon-crudités ? « Nous travaillons ensemble et nous avons la chance de disposer d’une petite cuisine au bureau. Nous préparer des hamburgers pour le déjeuner est devenu en peu de temps notre rite : une heure et demie pour trouver un concept, récupérer les ingrédients, cuisiner, prendre une photo de notre recette du jour et, bien sûr, manger ».

De ce besoin quotidien de combattre l’ennui est né le « Fat and Furious Project » : un projet génial, avec une réalisation parfaite, qui relooke le hamburger, un plat simple réinventé chaque jour et protagoniste des formes et des rôles les plus disparates, sans craindre les excès. Science, culture pop, cinéma, art, histoire : tout prétexte est une source d’inspiration pour le duo créateur français qui ne cesse d’expérimenter, y compris avec les ingrédients.

 

Esthétiquement recherchés et parfaits, les « Fat and Furious Burgers » sont en effet bons à manger, car les garçons ne soignent pas seulement la forme, mais également la substance : « Parfois un produit peut nous intéresser pour son goût, d’autres fois pour son aspect visuel. En tous cas, nous n’avons pas envie de proposer des recettes déjà testées : nous voulons expérimenter les combinaisons et les cuissons. Cela peut générer de grandes surprises culinaires ou, parfois, d’authentiques désastres » mais c’est ça qui est amusant non ?

L’Ovni Burger, à base de filet de poulet, chou violet, œufs de poisson volant Tobiko au wasabi, algues wakame et Papadum (galette croquante utilisée dans la cuisine indienne), flotte sur une planète lointaine ; une trousse pour le sac devient l’IT Girl Burger avec du homard cuit à la vapeur, du Shiso (basilic chinois), des champignons shiitake, de la sauce au vin blanc, du thym et du mesclun ; James Bond est exalté avec le sandwich recouvert de feuille d’or et de caviar, un filet de daurade et des œufs de caille : mon nom est Bun, James Bun. Parmi les photos les plus réussies, il y a cependant l’hommage à Neil Armstrong, premier homme ayant marché sur la lune, qui est également l’expérience préférée de Thomas et Quentin : sur la photo, l’astronaute marche sur un burger lunaire, composé de fromage, de poires et d’endive, blanc en surface car recouvert de poudre de noix de coco, avec derrière lui un univers de graines de sésame. « Pour la première fois nous avons créé quelque chose qui ne ressemblait pas du tout à un burger, mais la photo reste notre préférée. Dommage que le goût n’était pas des plus réussis ! »

 

En tous cas, Thomas et Quentin ne doivent pas être trop mauvais en cuisine : leur projet, irrévérencieux mais bien ficelé, a mis un certain temps avant de devenir un livre en 2014, le « Fat & Furious Burger » qui propose 60 recettes pour les esprits (et les estomacs) intrépides. Non plus des photos grand public à partager sur les réseaux sociaux, mais une réalité à reproduire dans nos cuisines. Pour démontrer encore une fois que la forme ne doit jamais être minimisée.

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